Le 11 mars 1924, le bateau lève l'ancre pour sa première campagne. A son bord, un équipage de 21 membres : un capitaine, un second, un saleur, sept patrons et leurs avants, un matelot bulottier, un cuisinier et deux novices. Une foule nombreuse assiste au départ.
Marité s'inscrit dans la lignée des navires qui ont fait les beaux jours de l'économie normande. Il est pourtant l'un des derniers à prendre la mer. La Première Guerre mondiale ayant donné un coup d'arrêt à ce type de pêche à la voile.
Au total, Marité effectue cinq campagnes à Terre-Neuve entre 1924 et 1929, rapportant pour chacune d'elles entre 100 et 160 tonnes de morues. Au retour de sa cinquième campagne, le bateau, trop petit pour être rentable, est désarmé.
En 1930, la crise frappe le commerce de la morue. les années 1920 voient la modernisation rapide des flottes de pêche. La vapeur et le chalutage prennent très vite le pas sur la voile et les doris. Ainsi, à l'aube des années 1930, nombre d'armateurs vendent leurs petits voiliers, surtout ceux construits après guerre. Ces navires, presque neufs, intéressent les armateurs nordiques. C'est l'opportunité que choisit Charles Le Borgne pour vendre Marité.
d'après l'ouvrage de Thierry Motte et Charline Heulin "Marité, le dernier terre-neuvier français.
BigRed1éditions
